Tsukiji
 
J'essaye de faire des choses avec les gens, donc dès que j'ai su que Yosuké habitait près du marché de Tsukiji, j'ai proposé  que nous y allions ensemble. C'était lors de ma "welcome party" (voir article), donc le lendemain les étudiants ont préféré vérifier que je ce n'était pas une idée passagère due à l'ébriété du moment. Pour voir le marché et y manger les meilleurs sushi de Tôkyô, il faut y être à 5h.  
 
 
Levé 4h30, prend le premier train de ma ligne Ikégami, retrouve mes deux compères: Yosuké et Naka, l'un en première année de Mastère, le second en deuxième année de thèse. On fait la queue (et oui, à 5h30...) devant un tout petit boui-boui, animé par trois cuisiniers joviaux et une bande de connaisseurs prêts à tout pour une bouchée qui sortirait de l'ordinaire. Dans la rue en face, les cuisiniers des meilleurs restaurants de la ville passent avec leurs chapeaux, leurs bottes en caoutchouc et leurs paniers en osier chercher la trouvaille qui ravira leurs habitués.
 
Le japon est le pays du poisson, Tokyo une des plus grande villes du monde, et Tsukiji est son marché. Je voulais voir cette animation. Je voulais aussi voir les grand thon être découpés avec la précision chirurgicale nécessaire aux sushi-chefs plus bas sur le parcours du poisson. Les enchères pour les plus belles pièces ont lieu entre 4 et 5 heures, je n'ai pas pu y être à cause de mon premier train (la prochaine fois il faudra convaincre Yosuké de m'héberger...). Un thon rouge de deux cent kilos peut monter jusqu'a 25.000 euros les grands jours... Difficile à croire?
 
Les poissons une fois répartis entre les grossistes, sont découpés et vendus au détail. Un chef qui veut un bon poisson va aux enchères avec le négociant de son choix, fait son choix de poisson, et espère que le poisson sera généreux en "O-toro", la partie la plus grasse, presque blanche, de la chair du thon rouge.
 
 
Dans le marché, je longe les allées, vois toutes sortes de créatures marines, et ne cesse de demander à mes guides les noms japonais. Ils font de leur mieux pour satisfaire ma curiosité, dictionnaire électronique à l'appui. Nous manquons à plusieurs reprises de nous faire écraser par des véhicules ubiquites: sorte de carriole avec à l'avant comme un gros bidon contenant le moteur. Le bidon tourne, solidaire de l'unique roue avant, qui dirige et propulse. La photo ci dessous vous donne une idée du danger.
 
 
Un exemple subtil de l'humour de situation japonais: je m'exclame "c'est vraiment grand ce marché!" et Naka acquiesce: "ah oui, c'est vraiment très grand!" un sourire en coin...
 
 
Vous comprenez? Il agrée pour l'assertion, mais pour une raison différente: ça fait une demi-heure que je cours en tout sens, les traînant à ma suite, demandant les traductions de poissons dont ils ne connaissent pas même le nom en japonais, nous avons deux bouteilles de bière à notre actif et il est 6h du matin, un jour de semaine. Bien sûr, il sont contents d'être là et j'exagère l'ardu de leur tâche, mais en répondant, il sait bien que cette interprétation est possible, et sait bien que c'est marrant. Pour en arriver là il faut un pays ou les gens cherchent à rendre service et à faire plaisir, mais ne sont pas dupes.
 
 
 
Ci dessous, de la baleine (!) probablement au cas ou des biologistes passent dans le secteur pour étudier la faune marine...
 
 
 
 
 
 
Voici un beau poisson, roi de l'onde du pacifique, prédateur des grands espaces. Quelle est l'histoire qui l'amène sur cette planche, une étiquette sur l'écaille?
 
 
 
 
 
 
Levé de soleil, on va à la fac.
 
 
 
 
Marché aux poissons
Friday, November 23, 2007